Choisir un soin trop riche pour l’été a multiplié mes petits boutons

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Choisir un soin trop riche pour l’été m’a collé le front dès le premier matin, et le tube à 28 euros, acheté chez Citypharma à Paris, m’a paru lourd dans la main avant même d’ouvrir le capot. En me démaquillant, j’ai senti sous mes doigts une peau qui tirait aux joues et brillait déjà au front. Ce décalage m’a agacée, puis j’ai laissé traîner la routine presque un mois, persuadée que la chaleur faisait le reste.

J’ai cru bien faire en choisissant un baume riche pour ma peau fatiguée par l’été

Je travaille mes textes entre des journées longues et des soirées où on vit à deux, mon compagnon et moi, sans enfants. Ma peau est mixte, et l’été lui donne ce drôle de double langage, joues sèches, front luisant. En tant que rédactrice beauté, j’ai appris à lire les textures, mais ce soir-là j’étais fatiguée et j’ai voulu aller vite.

Je suis partie du principe que la richesse réglerait tout. J’ai été convaincue qu’un baume épais ferait mieux qu’une lotion, parce que mes joues tiraillaient après la journée. Je l’ai appliqué matin et soir, dans la même logique brouillonne, comme si la saison n’avait pas d’effet sur ma peau.

Dès la première application, la matière a laissé un film au bord du nez et à la racine des cheveux. Au toucher, ma peau gardait une sorte de semelle, comme si le baume ne fondait jamais tout à fait. Deux heures plus tard, mon front brillait déjà, puis les tempes prenaient ce côté lustré qui colle au miroir.

Le plus trompeur, c’est que les joues semblaient souples. Je me suis sentie rassurée pendant quelques jours, et j’ai pris ce confort pour un bon signe. Avec mon compagnon, sans enfants, je passais mes soirées à vérifier mon reflet sous la lumière du couloir, et ça m’a vite agacée.

Le jour où le doute s’est installé

En passant mes doigts au démaquillage, j’ai découvert ces minuscules bosses qui n’étaient pas visibles dans le miroir, comme une peau qui s’étouffait sous un voile invisible. La lumière rasante du lavabo faisait ressortir un aspect semé de minuscules bosses, surtout sur le menton. J’ai été frappée par le contraste entre la brillance et le grain.

Les petits boutons fermés sont apparus au bout de six jours, d’abord sur le menton, puis sur les tempes. Je me suis retrouvée avec une peau brillante en moins de deux heures, mais rêche sous la pulpe des doigts. J’avais beau la laver avec douceur, le toucher restait irrégulier, presque granuleux.

J’ai hésité entre le soleil, la crème solaire dense et le baume trop occlusif. J’ai continué trois jours, en pensant à une purge. J’étais persuadée de bien lire la situation, et j’ai perdu du temps. Mauvaise lecture, et franchement, je n’ai pas eu le bon réflexe.

Puis le maquillage a commencé à glisser au lieu de se fixer. Les reliefs ressortaient encore plus au démaquillage, avec ces comédons fermés très pâles, presque couleur peau, qui ne faisaient pas mal mais donnaient un toucher irrégulier. J’ai fini par lâcher l’affaire un soir de chaleur, quand la racine des cheveux semblait porter le baume comme un reste de cire.

La facture qui m’a fait mal : temps perdu, argent jeté, et une peau plus fragile

Le tube est resté à moitié entamé sur le rebord de la vasque. Je l’avais ouvert avec l’idée d’un soin réconfortant, et il s’est retrouvé rangé parmi les erreurs que je n’aime pas regarder trop longtemps. Le prix m’a piquée plus que la texture, parce que j’avais l’impression de jeter du soin et de l’argent en même temps.

J’ai attendu trois semaines complètes avant d’admettre que rien ne se calmait. Les petits grains n’ont pas disparu, ils se sont même installés sur la mâchoire. J’aurais dû arrêter au bout de six jours, quand la peau a commencé à marquer au démaquillage.

Le maquillage a peluché sur les tempes dès le matin, puis il a glissé vers midi. Au toucher, ma peau faisait des reliefs sous la pulpe des doigts, avec ces comédons fermés très pâles qui n’étaient pas rouges, juste durs. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

Ce que j’aurais dû faire, et que je sais maintenant grâce à cette expérience

J’aurais dû lire les signaux plus tôt : brillance au bout de deux heures, film au bord du nez, grains durs au démaquillage, maquillage qui glisse. Ce n’est pas parce qu’une crème est riche qu’elle hydrate mieux en été ; au contraire, elle peut créer un film qui étouffe la peau et favorise les petits boutons invisibles. En tant que rédactrice beauté, j’ai fini par ranger cette texture dans la case des soins trop lourds pour ma peau mixte.

  • brillance qui arrive en moins de deux heures
  • film au bord du nez ou à la racine des cheveux
  • petits grains durs sous les doigts au démaquillage

La seule bascule utile, ça a été de garder le baume riche seulement le soir, et sur les joues les plus sèches. Le matin, j’ai repris une gel-crème plus légère, puis j’ai arrêté d’empiler une couche épaisse sous mon SPF dense. La peau a cessé de pelucher au bout de quatre jours, et le front a perdu ce lustre sale.

Mon travail de rédactrice beauté m’a appris à distinguer le confort immédiat d’une vraie tolérance. Je n’ai pas besoin d’une grande théorie pour voir qu’un produit trop dense, sur une peau mixte, finit par se voir au toucher avant de se voir au miroir. Quand les microkystes restent là après dix jours d’arrêt et une routine simplifiée, j’aurais demandé un avis dermatologique.

Ce que j’aurais voulu savoir avant d’ouvrir ce tube

Le tube à 28 euros acheté chez Citypharma à Paris m’a coûté bien plus que son prix, parce qu’il m’a laissé trois semaines de peau brouillée et une vraie lassitude devant le miroir. Si vous gardez ce type de baume seulement le soir, ou si vos joues sont très sèches, il peut encore avoir une place. Pour ma peau mixte, sous chaleur et SPF dense, il n’était tout simplement pas adapté.

J’aurais voulu savoir plus tôt que le confort des dix premières minutes ne disait rien de la suite. Si j’avais regardé ma peau sous la lumière rasante au lieu de me fier au velouté du départ, j’aurais gagné du temps et gardé mon calme. Ce flacon m’a laissé une leçon un peu sèche, et je n’avais pas envie de la payer deux fois.

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La rédactrice